Nées du rapprochement du Mobilier national et de la Cité de la céramique – Sèvres & Limoges, les Manufactures nationales incarnent, depuis 2025, un pôle public unique au monde dédié aux arts décoratifs, aux métiers d’art et au design. Rassemblant plus de 53 savoir-faire d’exception, elles conjuguent héritage et création contemporaine pour valoriser la richesse d’un patrimoine vivant et jouer un rôle central dans la stratégie nationale en faveur des métiers d’art.
Un établissement unique au monde
Des manufactures royales…
Depuis près de quatre siècles, l’histoire du Garde-Meuble de la Couronne, d’une part et des Manufactures royales, d’autre part, se confond.
L’existence du Garde-meuble royal remonte au XIIIe siècle, mais c’est au XVIIe siècle que ses missions sont réaffirmées et son organisation définie, d’abord en 1604 sous le règne d’Henri IV, puis en 1663 avec Colbert, contrôleur général des finances de Louis XIV. Le Garde-meuble avait alors pour mission la gestion et l’enrichissement par des commandes exceptionnelles des collections royales constituées de meubles, de tapisseries, de tapis, d’argenterie et des joyaux de la couronne. C’est en partie pour répondre à ces commandes que sont créées les manufactures royales, des tapis de la savonnerie en 1627, des tapisseries des Gobelins en 1662 et de Beauvais en 1667, puis, en 1740 la manufacture royale de porcelaine de Vincennes qui deviendra quelques années plus tard la manufacture de Sèvres. Les collections royales étaient visibles tous les premiers mardis du mois au XVIIIe siècle. Elles constituent ainsi le premier musée d’arts décoratifs que toute l’Europe venait admirer.
Les manufactures royales ont joué un rôle central dans le développement économique et industriel de la France, à l’instar de la manufacture royale des glaces devenue aujourd’hui Saint-Gobain. La manufacture des Gobelins et celle de Sèvres en sont aussi des exemples emblématiques tant leur prestige international est grand. Depuis Colbert, ces institutions sont des outils de prestige qui ont permis de structurer des filières entières, en stimulant l’innovation technique, en formant des artisans qualifiés et en assurant la diffusion de ces compétences. Créées pour promouvoir les savoir-faire et soutenir l’économie du royaume, ces manufactures royales sont à l’origine de l’art de vivre et du luxe « à la française ».
…aux Manufactures nationales
Au cours des XIXe et XXe siècle, ces manufactures devenues nationales ont instauré les prémices d’une économie culturelle résolument française, fondée sur l’artisanat d’excellence. Les Manufactures nationales ont ainsi maintenu des savoir-faire et des emplois de haute facture sur les territoires tout en servant le rayonnement international de la France. Le renouveau de l’intérêt porté aux métiers d’art, le succès de nos architectes-décorateurs et designers, succès auquel elles ne sont pas étrangères, en font de nouveau des acteurs majeurs de cet écosystème.
Afin de renforcer leur rôle moteur dans le développement de ce secteur créatif, les Manufactures nationales sont désormais réunies au sein d’un seul établissement public sous tutelle du ministère de la Culture. Constitué du Mobilier national, de ses manufactures et ateliers, et de la Cité de la céramique - Sèvres & Limoges, comprenant ses deux musées, cette nouvelle institution rassemble plus de 650 agents qui oeuvrent au quotidien à entretenir des collections d’exception, pratiquer des savoir-faire d’excellence et mettre en valeur la richesse de ce patrimoine. Unique au monde, ce pôle public consacré aux métiers d’art des arts décoratifs et au design mariera patrimoine et création pour jouer un rôle central dans la mise en oeuvre de la nouvelle stratégie nationale en faveur des métiers d’art.
Son action porte autour de 6 axes prioritaires :
- Former et transmettre des métiers d’exception
- Innover dans le domaine du mobilier, des arts textiles et des arts du feu
- Encourager la création
- Soutenir un écosystème sur tous les territoires
- Valoriser le patrimoine et accueillir les publics
- Faire rayonner les musées et manufactures sur la scène internationale
Héritier de quatre siècles d’histoire, ce grand pôle public est ainsi constitué de manufactures et ateliers de création (dont la manufacture de porcelaine de Sèvres, la manufacture de tapisserie des Gobelins ; la manufacture de tapisserie de Beauvais ; la manufacture de tapis de la Savonnerie ; les ateliers de dentelles d’Alençon et du Puy-en-Velay ; l’atelier de recherche et de création en mobilier contemporain), de sept ateliers de restauration, des collections du Mobilier national et de deux musées nationaux : le musée national de céramique de Sèvres et le musée national Adrien Dubouché.
Les Manufactures nationales en chiffres
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53 Métiers d'Art exercés dans nos manufactures
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8 sites partout en France
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540 000 pièces dans les collections, auxquelles s’ajoutent plus de 110 000 dessins et documents d’art graphique
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65 apprentis au sein du Centre de Formation des Apprentis des Manufactures nationales
Les manufactures et musées présents dans 8 départements
Ateliers de restauration du Mobilier national
Paris et Aubusson, Creuse
Sur son site parisien, le Mobilier national compte sept ateliers de restaurations spécialisés dans l’ébénisterie, la menuiserie en siège, les tapis, la tapisserie, la tapisserie d’ameublement, la tapisserie de décor, et la lustrerie. Un atelier de restauration de tapisserie est également présent à Aubusson, haut lieu de patrimoine en matière de tapisserie.
Manufacture nationale de Sèvres
Sèvres, Hauts-de-Seine
Encouragée puis financée par le Roi Louis XV, sous l’influence de Madame de Pompadour, la Manufacture de Vincennes devient manufacture de Sèvres à partir de 1756. Elle se distingue par la qualité de sa porcelaine, recherchée pour sa blancheur et sa translucidité. La manufacture joue un rôle clé dans l’histoire des arts décoratifs, en introduisant des innovations techniques et en développant des couleurs uniques, comme le bleu céleste et le bleu de Sèvres.
Manufacture nationale des Gobelins
Paris
Depuis 1662, année où Jean-Baptiste Colbert décida de regrouper les ateliers parisiens en un même lieu, la manufacture des Gobelins, célèbre dans le monde entier, n’a cessé de marquer de sa signature l’histoire de la tapisserie. La manufacture des Gobelins utilise exclusivement la technique de haute lice depuis 1826, sur métier vertical. Chaque tapisserie porte le monogramme de la manufacture : un « G » avec en travers le dessin de la broche qui sert à tisser.
Manufacture nationale de Beauvais
Paris et Beauvais, Oise
Créée en 1664 par Louis XIV sur la route des Flandres, la manufacture nationale de Beauvais réalise des tapisseries de basse lice, sur métier horizontal. La manufacture, détruite lors de l’incendie de la ville de Beauvais en 1940, se réfugia sur le site des Gobelins. En 1989, dix métiers ont regagné la ville de Beauvais dans d’anciens abattoirs rénovés, tandis que douze métiers sont toujours installés sur le site de Paris. Par tradition historique, l’atelier parisien a gardé le nom du lieu où la manufacture a vu le jour en 1664. Les tapisseries portent toutes le monogramme de la manufacture « MBN », qui signifie manufacture nationale de Beauvais.
Manufacture nationale de la Savonnerie
Paris et Lodève, Hérault
Spécialisée dans le tissage de velours de laine, la manufacture de la Savonnerie, installée depuis 1826 sur le site des Gobelins, tout en restant fidèle à son passé, prend résolument le parti de la création contemporaine. Elle est répartie sur deux sites, l’un à Paris et l’autre à Lodève. Le tapis de Savonnerie est exécuté sur un métier vertical au point noué. Les tapis portent tous le monogramme de la manufacture, un « S » ou un « L » avec en travers le dessin de la broche qui sert à tisser.
Atelier de Recherche et de Création
Paris
L’Atelier de Recherche et de Création (ARC), créé en 1964 à l’initiative d’André Malraux, est chargé de la réalisation de meubles et d’ensembles mobiliers d’après des dessins et modèles de designers contemporains. La production de l’ARC, destinée à meubler les bâtiments officiels à l’instar de l’ensemble des pièces qui sortent des ateliers du Mobilier national, se veut le symbole d’un design français à la pointe de l’innovation, tant du point de vue des formes que des techniques utilisées.
Atelier de dentelles d’Alençon
Alençon, Orne
L’atelier-conservatoire de dentelles à l’aiguille d’Alençon perpétue une technique rare et raffinée de production de dentelle à l’aiguille. Depuis 2010, le savoir-faire de la dentelle au point d’Alençon est inscrit sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité de l’UNESCO. La dentelle est entièrement réalisée à l’aiguille courant sur un parchemin vert de très petite dimension (moins de 10 cm2) avec du fil de lin ou de coton de l’épaisseur d’un cheveu. La réalisation d’une oeuvre nécessite douze étapes de fabrication successives.
Atelier de dentelles du Puy-en-Velay
Puy-en-Velay, Haute-Loire
L’atelier-conservatoire de dentelles aux fuseaux du Puy-en- Velay perpétue un savoir-faire traditionnel de haute technicité par l’élaboration de dentelles aux motifs contemporains. La complexité de cette technique réside dans la grande diversité des points : une même oeuvre peut requérir l’usage simultané de plusieurs centaines de fuseaux (petits instruments en bois).
Atelier de teinture des Gobelins et nuancier
Paris
L’atelier de teinture des Gobelins, en lien avec le nuancier, est associé dès le début des projets textiles. Il travaille avec chacune des manufactures et des ateliers de restauration pour la mise au point des couleurs. L’art des teinturiers est de composer des nuances dont l’éclat et la solidité défient le temps. Ils reproduisent les échantillons sélectionnés au nuancier ou créent des couleurs inédites nécessaires au tissage du modèle.